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Art des vers

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L'art des vers (parfois nommé de manière plus ambiguë art de la poésie) correspond aux données techniques concernant l'expression poétique traditionnelle qui obéit à des usages (différents selon les langues) réglant la pratique du vers, le regroupement en strophes, le jeu des rythmes et des sonorités comme les types formels de poèmes ou les genres poétiques déterminés par leur contenu. « Art des vers », au contenu purement technique, se distingue de « art poétique » qui renvoie à des conceptions esthétiques revendiquées par une personne ou un groupe.

Il s'agit ici d'une présentation générale de ces données techniques, on trouvera des développements détaillés dans les articles spécifiques comme métrique, vers, enjambement..

Sommaire

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Poésie française [modifier]

 

La métrique [modifier]

  • Le décompte des syllabes

L'unité de mesure du vers français est la syllabe. Le mètre est le nombre de syllabes comptées dans un vers, ce qui détermine le type du vers.(Parler de "pied", par analogie avec le latin, est officiellement banni depuis 1961...). Des règles particulières s'appliquent dans certains cas :

  •  
    • Le "e" : A la fin du vers (-e, -es, -ent) , il ne compte pas (il est muet) comme à l'intérieur du vers, à la fin d'un mot, si le mot suivant commence par une voyelle, (il y a élision).

En revanche, si le mot suivant commence par une consonne, le "e" compte (il n'est pas muet).

Ex. : « J'ai/ rê/vé/ dans/ la/ gro/tt(e) où/ na/ge/ la/ si/rèn(e) » Nerval


Par convention, le "e" s'élide dans les fins de mots en -ie, -ée, -ue même si le mot suivant commence par une consonne (« Ce monde d’harmoni(e)qui vit d’éternité »); il en va de même avec les marques du pluriel verbales (ex. « chantaient ») ou nominales (ex. « vies »). La même convention s'applique au "e" entre une voyelle et une consonne à l'intérieur d'un mot (ex. « Je ne t'envi(e)rai pas ce beau titre d'honneur » Corneille). Cependant il en allait différemment au Moyen Age et au XVI° siècle, ex. « Pi/es, corbeaux, nous ont les yeux cavés » (Villon) ou « Ma/ri/e/ qui voudrait votre nom retourner »(Ronsard)

Pour produire un effet particulier ou pour respecter le mètre, le poète est parfois amené à dissocier deux sons qui sont habituellement prononcés groupés, c'est la diérèse. Quand on ne compte qu'un seul son, il s'agit d'une synérèse. Classiquement la diérèse n'était admise que si l'étymon latin possédait deux syllabes comme pour " ciel " (caelum " ou " dieu " (deus) mais elle était impossible pour " lieu " (locus) ou " fier " (ferus).

Ex. : « Que des palais romains le front au/da/ci/eux » (Du Bellay)

« Je mis, au lieu (synérèse) de moi, Chimène en ses li/ens (diérèse) » Le Cid vers 103


 

  • Les différents types de vers réguliers :

La poésie française privilégie les vers pairs, c'est à dire ayant un nombre pair de syllabes.

  •  
    • l'alexandrin (12 syllabes) qui doit son nom à sa première apparition dans Le Roman d'Alexandre, poème narratif anonyme du XIIe siècle. C'est le mètre le plus utilisé dans la langue française, dans tous les types d'expresion poétique comme les textes du théâtre classique. L'usage traditionnel impose une coupe centrale (la césure) qui divise le vers en deux hémistiches (6/6). Ex. : « Dans la nuit éternelle / emportés sans retour » (Lamartine) ou « Je tisserai le ciel / avec le vers français » (Aragon).
  •  
    • le décasyllabe (10 syllabes) dont l'emploi est dominant au Moyen Age mais plus rare ensuite comporte une coupe traditionnelle 4/6 qui définit des sous-parties paires. Ex.: « Frères humains/ qui après nous vivez » (Villon), mais on rencontre aussi la structure 5/5 avec une effet de balancement. Ex. « Nous aurons des lits / pleins d'odeurs légères » (Baudelaire)
    • l'octosyllabe (8 syllabes) sans coupe régulière se caractérise par la légèreté. Ex. : « Autant en emporte le vent ! » (Villon). Il est assez souvent employé en association avec d'autres mètres plus longs ou plus courts

ex. « Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,

De ta jeunesse ? » (Verlaine)

  •  
    • l'hexamètre ou hexasyllabe (6 syllabes) qui se rencontre seul mais qui est souvent utilisé en association avec l'alexandrin pour rompre la monotonie et la majesté.

Ex. : « Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ». (Verlaine)

« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

L 'espace d'un matin ». (Malherbe)

  •  
    • les vers impairs recherchent l'écart et la souplesse :

Ex. La Fontaine : « La cigale ayant chanté (7 syllabes)

Tout l'été »(3 syllabes)...

ou Verlaine (Art poétique):

« De la musique avant toute chose (9 syllabes)

Et pour cela préfère l'impair

Plus vague et plus soluble dans I 'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». (Art poétique)

La mise en cause des mètres traditionnels que constitue l'utilisation des vers impairs apparaît comme une étape vers leur rejet et le vers libre qui marquera la fin du XX° siècle où se rencontre aussi le verset.

Remarque : on parle de "vers blancs" quand le rythme particulier d'une phrase en prose se rapproche d'un mètre traditionnel, tout particulièrement au théâtre (ex. Dom Juan "La naissance n'est rien où la vertu n'est pas !") ou dans la prose poétique.)

 

Le rythme [modifier]

 

Les coupes [modifier]

Fondé sur le jeu des accents pour obtenir un effet expressif le rythme repose sur des coupes secondaires ou principales qui suivent les accents toniques placés sur la dernière syllabe accentuée d'un mot ou d'un groupe de mots formant une unité grammaticale et donc un groupe rythmique.

On repère en particulier les rythmes binaires constitués par 2 mesures à peu prés égales dans un vers, séparées une coupe forte appelée césure quand elle est centrale et divise le vers en deux hémistiches. L'alexandrin classique obéit à ce schéma (ex. « Dans la nuit éternelle //emportés sans retour » Lamartine) mais peut comporter des coupes secondaires (ex. « Je partirai./ Vois-tu,// je sais que tu m'attends » Hugo) créant parfois des tétramètres au rythme régulier de groupes rythmiques (Ex. : «Waterloo !/ Waterloo !/ Waterloo !/ morne plaine !» (Hugo))

On rencontre aussi des rythmes ternaires comportant 3 mesures, d'où l'effacement au moins partiel de la césure dans l'alexandrin, particulièrement apparent dans le trimètre romantique. Ex. : « Je marcherai / les yeux fixés / sur mes pensées » (Hugo).

Parfois la césure disparaît totalement ex Rimbaud Le bateau ivre, vers 11 et 12 :

« Je courus ! Et les Péninsules démarrées

N'ont pas subi tohus-bohus plus triomphants »

Selon la place des accents, on parle de rythme régulier, symétrique, croissant, décroissant, accumulatif, brisé comme dans le vers 972 de Ruy Blas : « Je... / Non./ Mais... / Partez ! / Si... / Je vous embrasserai ! ».

 

L'enjambement [modifier]

Il apparaît quand il y a discordance entre la structure grammaticale et la structure rythmique des vers (= débordement). Exemple avec séparation du sujet et du verbe :

« Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le soleil noir de la Mélancolie ». (Nerval - El Desdichado)

L'enjambement est parfois accompagné de procédés de mise en relief que sont le rejet quand l'élément décalé au début du deuxième vers est bref,( ex « L 'empereur se tourna vers Dieu; I 'homme de gloire // Trembla ; » (Hugo – L'Expiation) ou le contre-rejet quand un élément bref est mis en valeur à la fin du premier vers (ex. « Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche //Un bateau frêle comme un papillon de mai » (Rimbaud - Le Bateau ivre).

 

Le travail sur les sonorités [modifier]

 

La rime [modifier]

C'est le retour de sonorités identiques à la fin d'au moins deux vers avec pour base la dernière voyelle tonique. Différente de l'assonance médiévale, la rime impose l'homophonie des sons consonantiques qui suivent la dernière voyelle prononcée s'ils existent. Elle peut être enrichie par la reprise de sons complémentaires qui précèdent la voyelle.

  • La disposition :

rimes suivies ou plates : AABB (chanté/été/dépourvue/venue), croisées : ABAB (pensées/bruit/croisées/nuit), embrassées ABBA (chandelle/filant/s'émerveillant/belle) ou mêlées (sans ordre):

  • Le genre des rimes :

Principe de l'alternance entre rimes masculines (= qui ne comportent pas de "e" final [ou -es, -ent] et rimes féminines (= qui comportent ce -e final qui ne compte pas dans les syllabes)). L'alternance est d'usage depuis le XVI° siècle et de règle depuis Malherbe.

  • La richesse des rimes (on dit parfois de manière plus ambiguë la qualité) : elle est déterminée par le nombre de sons communs.
  •  
    • rime pauvre = 1 son commun (dernière voyelle tonique seule). Ex. : aussi / lit = masculine pauvre - vie / remplie = féminine pauvre
  •  
    • rime suffisante = 2 sons communs (la dernière voyelle tonique + une consonne prononcée derrière ou devant ou + une autre voyelle devant). Ex. animal/chacal - horizon/maison - nuées/huées...
  •  
    • rime riche = 3 sons communs (rime suffisante + un autre son devant). Ex. cancre/ancre - prêteuse/emprunteuse...

Au-delà on parle de rimes très riches (ex. arbres / marbres).

Il existe aussi des jeux de reprise plus subtils comme la rime équivoquée qui joue sur plusieurs mots (ex. : la rose / l'arrose) ou le parallélisme entre deux vers entiers = holorime (« Galamment de l'arène à la Tour Magne à Nîmes / Gal amant de la reine à l'atour magnanime » Hugo), ou l'emploi de rimes intérieures (reprise à l'hémistiche ou rime entre les hémistiches...)

Remarques:

- en principe la rime ne prend en compte que les sons, pas les lettres ni les syllabes, mais on fait cependant rimer une "apparence" de singulier avec une "apparence" de singulier et une apparence de pluriel avec une apparence de pluriel : c'est la "rime pour l'œil" (ex. ailleurs/fleurs - attends/longtemps)

- on évite les rimes faciles qui utilisent le même mot (voir/revoir) ou le même suffixe (neigera/marchera - capable/périssable...)

 

Les reprises de sonorités [modifier]

Elles peuvent fonctionner sur un ou plusieurs vers.

  • L'assonance : reprise du même son vocalique. Ex. le son [an] : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant » (Verlaine).
  • L'allitération : reprise d'un son consonantique. Ex. le son «r» : « Tandis que les crachats rouges de la mitraille » (Rimbaud).
  • L'harmonie imitative : association soulignée du son et du sens. Ex. le son «s» : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes... » (Racine).

 

La strophe [modifier]

C'est un groupement régulier de vers avec (le plus souvent) un système complet de rimes et de mètres (mais pas dans le tercet par exemple). La dénomination est liée au nombre de vers : distique, tercet, quatrain, quintil, sizain, septain, huitain, neuvain, dizain (sauf la laisse médiévale, strophe de longueur variable utilisant la même assonance,i.e. l'identité acoustique de fin de vers ne prenant en compte que la dernière voyelle prononcée). On distingue les strophes isométriques (mêmes vers) et les strophes hétérométriques (vers différents) comme la stance.

 

Les types de poèmes [modifier]

Ils obéissent à des règles plus ou moins complexes et plus ou moins rigides qui concernent les types de vers, les types de strophes, leur agencement ou leur nombre.

  • Formes médiévales :
  •  
    • la ballade genre majeur au Moyen Age, remis partiellement à l'honneur au XIXe siècle comme avec Hugo Odes et Ballades) : elle comporte trois strophes et demie dont le dernier vers constitue un refrain ; la demi-strophe finale constitue l'envoi (dédicace du poème à Dieu, au roi, à une dame...). Il y a autant de vers dans la strophe que de syllabes dans le vers (8 ou 10 en général). Exemple : Villon : Ballade des dames du temps jadis.
    • le rondeau : 15 vers courts sur deux rimes avec un effet de refrain Ex. : Charles d'Orléans " Le temps a laissé son manteau... "

+ la pastourelle, l'odelette, le rotrouenge, le lai, le virelai, la complainte.

  • Formes modernes :
  •  
    • l'ode : imitée de l'Antiquité, mais assouplie par Ronsard avec 2 strophes égales + 1 strophe plus courte.
    • le sonnet : hérité de Pétrarque et imposé peu à peu au XVIe s, très vivant au XIXe s. (Nerval, Baudelaire, Verlaine, Hérédia...), il se compose de 2 quatrains aux rimes embrassées et répétées (ABBA) et 2 tercets sur 2 ou 3 rimes à disposition variable (CCD I EDE ou CCD I EED) avec opposition des quatrains et des tercets et la mise en valeur du dernier vers appelé la chute du sonnet.Ex. Parfum exotique Baudelaire.
    • le pantoum : d'origine orientale (Malaisie), introduit en France au XIXe siècle, utilisé par Hugo dans Les Orientales : "Les papillons jouent à l 'envi..." et par Baudelaire dans Harmonie du soir, mais de façon irrégulière dans les deux cas. Le principe est la reprise décalée des vers d'une strophe sur l'autre (les vers l et 3 deviennent les vers 2 et 4 et ainsi de suite).


 

 

Les genres poétiques [modifier]

Définis par leur thèmes et leur ton (ce qui les différencie des types de poème), les genres poétiques ont tenu une grande place dans les époques passées. On peut citer par exemple

 

Dans d'autres langues [modifier]

 

Langue latine [modifier]

La poésie latine est fondée sur le rythme avec des vers scandés composés de pieds brefs ou longs agencés selon des règles définies qui déterminent des type de vers comme le trimètre iambique (trois mètres iambiques comprenant chacun deux pieds, soit en tout six iambes) ou l'hexamètre dactylique (six mètres dactyliques comprenant chacun un pied) avec un système de césure.

 

Langue anglaise [modifier]

(repris de l'article vers) Les pieds et les mètres sont définis par la répartition de l'accent tonique et non la quantité : la syllabe accentuée joue le rôle d'une longue, les autres celui d'une brève. L'essentiel de la métrique anglaise, cependant, suit celle de la métrique classique (gréco-latine). Par exemple, le pentamètre iambique, l'un des mètres les plus utilisés en anglais, se présente ainsi (l'accent tonique est signalé par le gras, les pieds sont séparés par la barre droite) :

Was this | the face | that launch'd | a thou|sand ships
And burnt | the top|less to|wers of | Ilium?
Christopher Marlowe, Dr Faust (Le dernier vers se termine sur un trochée)

 

Liens externes et sources [modifier]

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Émotion

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(Redirigé depuis Emotion)

L'émotion peut se définir comme une séquence de changements d’état intervenant dans cinq systèmes organiques (cognitif, neurophysiologique, moteur, motivationnel, moniteur), de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l’évaluation de la pertinence d’un stimulus externe ou interne par rapport à un intérêt central pour l’organisme.

La définition de toute entité psychologique représente habituellement des difficultés de taille, et le concept d’émotion est loin de faire exception à la règle. Un problème particulier dans la quête de la définition de l’émotion vient du fait que, souvent, les énoncés ne se rapportent qu’à un aspect de l’émotion. En effet, le concept d’émotion est utilisé de manière différente selon qu’il est envisagé en référence à l’aspect stimulus, à l’expérience subjective, à une phase d’un processus, à une variable intermédiaire ou à une réponse.

Un autre problème qui nuit aux progrès vers une meilleure précision dans la définition de l’émotion concerne le langage par lequel on l’exprime. En effet, le langage de tous les jours et le langage scientifique ne visent pas les mêmes objectifs. De plus, actuellement les avancées scientifiques dans ce domaine n’offrent pas de meilleure terminologie.

Certains auteurs ont, cependant, fait remarquer qu’il peut être rentable de ne pas avoir de définition trop stricte de « l’émotion », compte tenu du stade de développement de ce domaine. En effet, une définition précise aurait pour conséquence d’élever des frontières entre les phénomènes. On prendrait ainsi le risque d’exclure de l’analyse des aspects qui pourraient ultérieurement se révéler essentiels à la compréhension de l’ensemble du processus.

 
Émotion


 


 

Sommaire

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Les émotions, à travers une perspective évolutionniste [modifier]

Le courant évolutionniste, en psychologie des émotions, tire son origine des travaux de Charles Darwin et de la publication de son livre : The expression of the Emotions in Man and Animals en 1872 (Darwin 2001). Dans cet ouvrage, Darwin va poser les fondements de l’expression des émotions. Il va les décrire comme innées, universelles et communicatives.

Les émotions sont un héritage de nos ancêtres. Il convient alors de se demander pourquoi et comment elles se sont progressivement développées. Comme le rappellent Orians et Heerwagen (1992), à l’époque des chasseurs-cueilleurs, les Hommes devaient se déplacer constamment pour trouver de quoi se nourrir. Ces déplacements les confrontaient à des phénomènes inattendus (changements climatiques, prédateurs, par exemple) demandant une réponse adaptative rapide. Selon Tobby et Cosmides (1990), les émotions vont donc se développer en réponse à différents ensembles de situations récurrentes. À cela, l’on peut ajouter le premier principe de Darwin, permettant d’expliquer comment une réaction tout d’abord volontaire va, au fil des générations, devenir innée et réflexe.

Une autre particularité des émotions est leur expression, faciale et vocale. Ici, nous n’aborderons que brièvement le chapitre des expressions faciales en laissant de côté celui des expressions vocales, bien que ce dernier soit aussi important (Scherer 1986). Dans un livre en hommage à Darwin (Ekman, 1973), les recherches présentées, portant sur les expressions faciales, confirment son hypothèse sur leur utilité communicative. Ekman dira même que : « l’expression faciale est le pivot de la communication entre hommes » (Rimé et Scherer, 1989). En effet, savoir lire sur le visage facilite nos relations sociales ; de même, une interprétation erronée d’une mimique faciale peut nous faire adopter un comportement mal adapté à la situation. Par exemple, chez les singes, lorsqu’un mâle dominant chasse un autre mâle et que ce dernier fait une grimace (expression de peur), le mâle dominant arrêtera de le chasser. À l’inverse, si le mâle dominant fait la même grimace, il s’attend à ce que le mâle subordonné vienne l’embrasser. En ce sens, l’expression faciale permet d’informer l’individu de nos intentions mais également du comportement que l’on attend de lui.

Enfin, le dernier principe de Darwin va établir le lien entre émotion et système nerveux. Malheureusement, il ne restera que très descriptif sur le sujet et il faudra attendre la théorie du physiologiste Walter Canon, dans les années 1920, pour remettre le système nerveux au centre des émotions (Canon, 1927).

 

Théories psychologiques des émotions [modifier]

L’émotion est une notion floue et elle est difficilement définissable (Alvarado et al., 2002). Elle présente la particularité d’être idiosyncrasique, c'est-à-dire particulière et propre à chaque individu (Picard, 2003). De ce fait, plusieurs définitions et rôles ont été donnés à l’émotion (Francois et al., 2001; O'Regan, 2003).

Déjà en 1879, Charles Darwin, fondateur de la théorie de l’évolution, la définit comme cette faculté d’adaptation et de survie de l’organisme vivant. Il la voit comme innée, universelle et communicative. D’un point de vue comportemental, l’émotion est perçue comme un « motivateur », une entité qui influence le choix d’un individu en réponse à un stimulus externe ou interne. D’un point de vue socioculturel, les sentiments sont cette réponse donnée à une interaction avec nous-mêmes et/ou avec les autres. Une émotion existe à la fois dans la dimension personnelle et sociale de l’individu. Elle serait cette capacité d’adaptation et de changement, ce lien qui forme nos relations et nous met en interaction avec l’autre. De récentes études en neurobiologie ont démontré que les émotions sont un mélange de plusieurs facteurs biochimiques, socioculturels et neurologiques (O'Regan, 2003). Elles se traduisent par des réactions spécifiques : motrices (tonus musculaire, tremblements...), comportementales (incapacité de bouger, agitation, fuite, agression...), et physiologiques (pâleur, rougissement, accélération du pouls, palpitations, sensation de Malaise...). Elles seraient à la base de nos réactions physiologiques et comportementales.

Au regard de ces définitions, le concept d’émotion apparaît comme polysémique. Il est, en effet, difficile de donner une définition claire et univoque de l’émotion. Cependant, les spécialistes s’accordent à dire que la pluralité des définitions de l’émotion n’altère en rien son rôle central dans toute analyse comportementale. Elle est en rapport étroit et permanent avec nos décisions et nos actions.

Les émotions agissent sur nos comportements quotidiens, sur nos choix et nos perceptions. Elles rendent la communication plus efficace et lui confèrent avec un haut niveau d’impact. En outre, les émotions jouent un rôle clé dans tous processus d’apprentissage en agissant sur la capacité de mémorisation de l’apprenant, sur sa rétention de l’information et sur son attention (Alvarado, 2002). Lors de l’acquisition des connaissances, les émotions agissent à différents niveaux sur l’esprit humain. De récentes études ont démontré que les émotions et la cognition sont intimement liés (Adam et al., 2005 ; Chaffar et al., 2006 ; Ahn et al., 2005). C’est pourquoi, il est difficile d’aborder l’aspect cognition sans faire référence aux émotions.

 

La théorie de William James & Carl Lange (1887) [modifier]

Théorie des émotions (1884 -1885). L'émotion en tant que fait psychique est la prise de conscience des modifications corporelles provoquées par la perception d'un sentiment. Ce qui est premier sont les modifications physiologiques. La théorie de Cannon-Bard réfute cette théorie.

 

La théorie de Walter Cannon et Philip Bard (1929) [modifier]

Dans cette théorie l'emotion est d'abord un phénomène cognitif. Nous ressentons l'emotion cérébralement avant d'en avoir les effets physiologiques et somatiques

 

La théorie de Stanley Schachter et Jerome Singer (1975) [modifier]

On interprête une émotion en fonction des conditions environnementales. Les individus interprêtent l'activation viscerale en fonction des stimulis de la situation environnementale et de leur état cognitif.

 

Les théories dites des émotions de base [modifier]

Paul Ekman

  • Joie ;
  • Tristesse ;
  • Dégoût ;
  • Peur ;
  • Colère ;
  • Surprise.

NB: Les émotions secondaires sont des mélanges des émotions de base(exemple: la nostalgie). On parle aussi d'émotions mixtes pour nommer les émotions secondaires. Par exemple, la honte est une émotion mixte, à la base un mélange de peur et de colère (bloqué ou retournée contre soi).

 

Les théories de l'évaluation cognitive [modifier]

Selon les théories de l'évaluation cognitive, aussi appelées théories de l'appraisal, l'émotion est le fruit des évaluations cognitives que l’individu fait au sujet de l’événement, qu’il soit externe ou interne, ou de la situation, qui initie l’émotion.

Ces théories se distinguent des théories des émotions de base en ce qu’elles supposent des mécanismes de genèse communs à toutes les émotions. Cette approche suppose que, pour comprendre les émotions, il est tout d’abord nécessaire de comprendre les évaluations que l’individu fait au sujet des événements de son environnement. Une évaluation cognitive est définie comme un processus cognitif, rapide, automatique, inconscient, dont la fonction est d’évaluer les stimuli perçus sur la base de critères particuliers (Magda Arnold, 1960).

Le modèle des composantes proposé par Klaus Scherer (1984, 1988, 2001) fournit une définition précise de la nature des émotions. En effet, il définit une émotion comme une séquence de changements d’état intervenant dans cinq systèmes organiques de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l’évaluation d’un stimulus externe, ou interne, par rapport à un intérêt central pour l’individu. Il propose de définir l'émotion comme une séquence de changements d’état intervenant dans cinq systèmes organiques : cognitif (activité du système nerveux central), psychophysiologique (réponses périphériques), motivationnel (tendance à répondre à l'événement), moteur (mouvement, expression faciale, vocalisation),sentiment subjectif.

La plupart des théories de l’émotion soutiennent l’idée que la nature spécifique de l’expérience émotionnelle dépend du résultat d’une évaluation d’un évènement en terme de significativité pour la survie et le bien être de l’individu. Dans la théorie de Scherer, le set de critères permettant d’évaluer l’évènement est appelé « stimulus evaluation checks (SEC’s) ». Suite au résultat de cette évaluation, il sera possible de prédire le type et l’intensité de l’émotion élicité par l’événement. Les SEC’s sont organisés autour de quatre objectifs principaux qui se subdivisent encore en objectifs secondaires. Les SEC’s majeurs correspondent aux types d’informations les plus importantes dont a besoin l’organisme pour avoir une réaction appropriée. Il s’agit de :

1. Est-ce que cet évènement est pertinent pour moi ? Est-ce qu’il affect directement ma personne ou mon groupe social ? (pertinence)

2. Quelles sont les implications ou les conséquences de cet évènement et à quel point vont-elles affecter mon bien être ou mes buts à court et long terme ? (implications)

3. A quel point suis capable de faire face à ces conséquences ? (potentiel de coping)

4. Quel significativité a cet évènement par rapport à mes convictions personnelles ainsi que face aux normes et valeurs sociales ? (significativité normative)

Il est important de noter que l’évaluation de ces checks se fait toujours de manière subjective et qu’elle dépend donc des perceptions et des inférences que peut faire un individu d’une situation. De plus, comme déjà suggéré par Lazarus et Folkman (1984), l’évaluation n’a pas lieu qu’une seule fois, elle se répète dans un processus nommé réévaluation (« reappraisal ») qui permet de se réadapter progressivement à l’événement.

Contrairement aux théories des émotions discrètes, le modèle des composants ne se limites pas à un nombre restreint d’émotions (colère, joie, peur, tristesse, dégoût…). Au contraire, le processus émotionnel est considéré comme un pattern de fluctuations constantes de changements dans différents sous systèmes de l’organisme permettant de faire ressortir un très large spectre d’états émotionnels. Cependant, la théorie ne rejette pas le fait qu’il existe des patterns d’adaptation plus fréquents chez les organismes qui reflètent des résultats récurrent d’évaluation de l’environnement. Par exemple, des réactions comme le combat ou la fuite sont universelles et il n’est pas étonnant de constater que les émotions qui leurs sont associées, la colère et la peur, se retrouvent chez toutes les espèces. Selon le modèle, il paraît très vraisemblable que d’une même combinaison de résultats aux checks d’évaluation l’on puisse aboutir à des patterns réguliers de changements d’états spécifiques. C’est pour cette raison que Scherer parle d’émotions modales pour décrire ces résultats prédominants aux SEC’s qui sont dus à des conditions de vie générales, des contraintes de l’organisation sociale et des similarités dans l’équipement génétique et que l’on retrouve donc dans presque tous les langages sous le terme d’une expression verbale courte, comme un simple mot. Cependant, l’avantage que possède les SEC’s est de pouvoir fournir un grand nombre de différents états émotionnels d’intensité différentes ce qui semble mieux correspondre aux ressentis des individus.

 

La théorie du système interruptif [modifier]

Herbert Simon, prix nobel d'économie et spécialiste de la psychologie cognitive développe une théorie en 1967 du système interruptif de la décision linéaire. Il définit trois groupes de besoins en temps réel d'un individu :

  1. Les besoins surgissant face à des évènements incertains (stimuli de bruits ou visuels soudains) qui pourraient signaler un danger
  2. Les besoins physiologiques qui sont des stimuli internes par exemple la faim, la soif, l'épuisement
  3. Les associations cognitives qui sont des stimuli forts provenant d'associations mnésiques, par exemple, le souvenir d'une peur

 

Voir aussi [modifier]

 

Liens internes [modifier]

 

Liens externes [modifier]

 

Bibliographie [modifier]

  • Émotions et cognitions, Ahmed Channouf & Georges Rouan, De Boeck Université, Coll. Neurosciences & cognition, 2002
  • Les Émotions, Robert Dantzer, PUF, Coll. Que sais-je?, Paris, 2002
  • Connaître les émotions humaines, M. de Bonis, Mardaga, Liège, 1996
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Psychologie
Histoire · Écoles · Psychologues · Émotion · Cognition
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Psychologue

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Le ou la psychologue sont des professionnels de la psychologie, discipline complexe qui regroupe de nombreux courants théoriques et pratiques : psychologie clinique, cognitive, comportementale, développementale, sociale, animale, différentielle, expérimentale etc... Ces différents champs d'applications se rassemblent autour de cette étude scientifique des faits psychiques qu'est la psychologie (terme générique). Le psychologue, qui est spécialisé dans un courant scientifique spécifique peut donc être un professionnel du fonctionnement psychique et des psychopathologies, du comportement humain, de la personnalité et ou même des relations interpersonnelles.

Les psychologues interviennent dans tous les domaines de la société (éducation, santé, social, travail, sport, etc.) pour préserver, maintenir ou améliorer le bien-être ou la qualité de vie de l'individu et sa santé psychique, développer ses capacités ou favoriser son intégration sociale. Par conséquent, selon leur spécialisation (pratique clinique, orientation professionnelle, psychologie scolaire, psychologie du travail, etc.), ils utilisent des méthodes d'intervention spécifiques basées sur des approches théoriques variées.

Sommaire

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Activités [modifier]

 

Thérapie [modifier]

 

Conseil et animation [modifier]

 

Évaluation psychologique [modifier]

 

Recherche [modifier]

 

Spécialisation [modifier]

Selon leur lieu d'activités, les psychologues peuvent se spécialiser dans l'un ou l'autre de ces secteurs, toucher un public particulier (jeunes, adultes, entreprises, chômeurs, etc.), travailler en entretiens individuels ou en petits groupes. Ils peuvent exercer soit de manière indépendante, dans leur propre cabinet, soit au sein d'institutions, entreprises, administrations, etc. et collaborent souvent avec d'autres professionnels de l'action sociale (assistants sociaux, éducateurs sociaux, logopédistes, psychomotriciens, psychiatres, etc.).

 

Voir aussi [modifier]

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Amour

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 
Pour les articles homonymes?, voir Amour (homonymie).

L’amour est un sentiment envers un être ou une chose qui consiste en une affection positive profonde poussant les personnes qui la ressentent à adopter un comportement, plus ou moins rationnel, les entraînant principalement à rechercher une proximité tendre, physique, intellectuelle, passionnée, voire même imaginaire, vis-à-vis de l'être aimé.

L'amour peut être, selon la situation, faible, fort ou obsessif. Selon ces critères, il peut être plus ou moins contrôlé par la personne qui le ressent.

Par extension, l'amour désigne nombre de choses qui sont liées à ce sentiment, telles que, par exemple, l'être aimé lui même (« Mon amour »).

Sommaire

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Importance de l’amour [modifier]

Le cœur, un symbole pour l’amour

L'amour est un sentiment, une valeur, ou une pulsion.

 

Une notion complexe [modifier]

L’amour est une notion complexe débattue depuis des siècles et encore débattue de nos jours. Cette notion est un sujet de médecine (pourquoi l'amour), de psychologie (l'impact de l'amour et de son absence), de sociologie (son rôle dans les relations humaines), de philosophie (dans quel but aimer ?), de théologie (l'amour de Dieu), d'Art (l'amour dans tous ses arts), de divertissement (les plaisirs de l'amour) et d'économie (le commerce de la rencontre amoureuse).

 

Dans la Grèce antique [modifier]

Le Wiktionnaire possède une entrée pour « amour ».

Ce que nous désignons sous le terme d'amour, recouvre trois sentiments distincts de la Grèce antique : l’éros, la philia, et l’agapê.

  • La philia se rapproche de l'amitié tel qu'on l'entend aujourd'hui, c'est une forte estime réciproque entre deux personnes de statuts sociaux proches. Elle ne pouvait exister à l'époque qu'entre deux personnes du même sexe, du fait de l'inégalité entre les sexes. C'est une extension de l'amitié.
  • L’éros désigne l'attirance sexuelle, le désir. Il est l'une des passions néfastes que produit l'épithumia dans la pensée platonicienne. Cependant il pouvait se mêler à la philia à travers la pédérastie.
  • L’agapê est l'amour du prochain, une relation univoque que l'on rapprocherait aujourd'hui de l'altruisme. Il se caractérise par sa spontanéité, ce n'est pas un acte réfléchi ou une forme de politesse mais une réelle empathie pour les autres qu'ils soient inconnus ou intimes. Dans la tradition chrétienne des pères de l'Église, ce mot est assimilé au concept de charité, bien que celui-ci soit plus proche d'une relation matérielle établie avec des personnes en souffrance. L’agapê originel ne revêt pas cette connotation morale de responsabilité devant une autorité divine.

 

Thème philosophique [modifier]

« Vivre d'amour et d'eau fraîche » est un idéal rêvé par certains. Ni guerre ni labeur ; uniquement l'amour. « Peace and Love » (« Paix et amour »). Plaisir de la non-violence, de la séduction, de l'érotisme et des divertissements sexuels.

L'amour est un thème abordé avec profondeur par la philosophie. Par exemple, pour répondre à cette question : l'homme est-il à la source de l'amour qu'il vit ou l'amour est-il un concept naturel qui s'impose à l'homme ?

 

Composante fondamentale des religions [modifier]

Toutes les religions traitent de l'amour.

L'amour de Dieu et de son prochain est le principe fondateur de la religion chrétienne. Les sociétés judéo-chrétiennes sont fortement marquées par cette notion religieuse de l'amour. L'amour de Dieu est la force qui pousse un individu à avoir la foi en son Dieu. La théologie est la science qui traite de ce sujet. L'amour du prochain se définit comme la force qui pousse un individu à rechercher la paix et le partage avec les autres. Le désir d'amour se traduit par celui d'être avec les autres, celui d'accepter de recevoir des autres et de donner aux autres, celui de dialoguer, de vivre avec, de comprendre, d'accompagner, etc.

 

Amour et famille [modifier]

La famille est un lieu riche en relations amoureuses : amour conjugal, amour parental, amour filial, fratrie.

L'importance de l'affection des membres d'une même famille entre eux est illustrée par l'émotion vécue dans les grands évènements tels que une naissance, un mariage, un succès, une épreuve, un accident, un décès.

 

L'amour défini par son contraire [modifier]

Le sentiment contraire à celui de l'amour serait la haine. Mais on dit aussi qu'une très mince frontière sépare de la haine un amour devenu passion. Par exemple, le fait de ne pas être aimé peut susciter un sentiment de vengeance envers l'objet aimé.

L'amour est un sentiment puissant, une intense émotion, voire une pulsion. L'indifférence est donc antagoniste de l'amour. Celui qui est indifférent n'est en effet, en aucune manière, réceptif et attentif à l'autre.

L'autre n'est pas amour, il agit par intérêt de l'autre. L'amour fût, mais il n'est point. Où est l'amour : dans le vice et l'absolu contraire.

 

L'amour et l'art [modifier]

À toutes les époques, l'amour, « la seule obsession que tout le monde désire », a inspiré les artistes de toutes disciplines. C'est un thème artistique récurrent et majeur avec le temps qui passe et ses deux conséquences : le vieillissement et la mort.

 

Dans les arts plastiques [modifier]

L'amour a toujours été un des thèmes de prédilection dans l'histoire de la peinture, que ce soit par la représentation de personnes en situation amoureuse ou par la symbolique ou l'allégorie, par exemple en représentant des scènes faisant intervenir des personnages mythologiques.

Certains thèmes ou personnages mythologiques ou historiques reviennent souvent au point d'en devenir des canons :

  • Éros (ou Cupidon), dieu des amours profanes, est très souvent représenté. Enfant ou adolescent espiègle et capricieux, il est ailé et porte un arc avec lequel il tire des flèches d'or dans le cœur des humains, ce qui leur apporte amour et désir. Il est représenté soit dans des scènes où il est le sujet principal, soit comme personnage secondaire pour évoquer la présence symbolique de l'amour.
Les scènes les plus représentées sont : l'amour d'Éros pour Psyché, l'enfant turbulent Éros désarmé par sa mère Vénus, la victoire de l'amour sur les œuvres humaines (voir la célèbre version du Caravage) ou la lutte entre l'amour profane et l'amour sacré.
  • La vie amoureuse tumultueuse de Zeus/Jupiter a également fait l'objet de nombreuses représentations : l'enlèvement de Léda, d'Europe ou de Ganymède sont parmi les thèmes les plus souvent traités.

Par ailleurs, nombre de scènes amoureuses de la vie quotidienne des hommes ont été représentées, depuis la cour faite à l'être aimé au drame amoureux, en passant par le baiser langoureux ou le libertinage. Un exemple est le tableau de Fragonard nommé le Verrou.

 

Dans la littérature [modifier]

L'art poétique et le roman sont, avec la chanson, quelques-uns des moyens de prédilection de l'expression verbale de l'amour.

À travers les âges la littérature a reflété des tendances de l'amour, des divinités mythologiques à l'amour réaliste de notre époque.

 

Les interprétations psychologiques de l'amour [modifier]

 

Psychisme [modifier]

Sur le plan psychique, la psychanalyse a clairement montré à quel point les premières relations parents-enfants étaient déterminantes dans l'esprit d'une personne et de sa perception de l'amour. Les relations mère-fils ou père-fille, notamment, sont particulièrement marquantes. Les relations parents-enfants sont généralement déséquilibrées : le parent répond aux besoins de l'enfant. On dit dans ce cas que l'amour de l'enfant est captatif et celui des parents oblatif.

En grandissant l'enfant apprendrait à rééquilibrer ces relations. Cet apprentissage peut échouer à tel ou tel moment, et l'adulte en gardera un manque de maturité s'il n'en prend pas conscience et une perception de l'amour plus ou moins blessée. Les relations de ses parents entre eux seraient aussi importantes dans la construction de cette idée de l'Amour.

élégie et manque d'amour


peinture utopique de William Bouguereau,
XIXe siècle

 

Combler un manque [modifier]

L'amour peut être perçu essentiellement comme la quête d'un manque, lorsque la notion oblative ne s'est pas développée.

L’amour que l’on porte à une personne ou un objet naîtrait par ce qu'il nous apporte ou est susceptible de nous apporter. "Aimer" ne serait autre qu'une façon inconsciente d'avouer sa propre impuissance à l'autonomie pour un besoin particulier à un moment donné. Besoin d’aimer ou besoin de se sentir aimé ne serait autre qu'un besoin égoïste, qu'une attente de la personne qui pourrait combler les ‘manques’ immatériels ou matériels que nous ne serions pas capables de satisfaire par nous-mêmes. Par exemple, en Occident, le besoin d'un enfant entraînerait le besoin d’une compagne ou d’un compagnon à nos côtés, besoin qui nourrit un sentiment d’amour ou de besoin d’amour pour la personne que l'on attend pour concevoir cet enfant.

La réalité psychique du besoin d’enfant résiderait plus dans un besoin de sécurité motivé apparemment par le bien de l'enfant : le nourrir et l'accompagner vers l’âge adulte. Mais cette attitude, apparemment généreuse, sous-tendrait en fait un désir caché du parent d'être accompagné vers la vieillesse.

Dans ce type de situation, « aimer » ou dire « je suis amoureux(se) », serait une façon inconsciente de dire : « j’espère que la personne pour laquelle j’éprouve des sentiments amoureux m’apportera les choses que j’attends d’elle ». Tant que l’on sent chez la personne aimée la présence des choses que l’on attend d’elle, le sentiment perdure, mais si la personne aimée perd ou ne dispose pas d’une partie de ce que l’autre attend, le sentiment d’amour s’estompe ou s’éteint. Lorsque ce sentiment s’estompe, il n’est pas rare d’entendre : « Nos deux chemins se sont séparés » car « mes besoins ont changés », « nous n’avons pas suivi la même route », etc. A ce moment, la personne qui se sent "en danger" peut être sujette à des crises d'anxiété. La personne quittée peut y être plus ou moins indifférente ; si tel n’est pas le cas celui qui est « abandonné » aura probablement un sentiment de tristesse , de jalousie, de colère ou même de haine

Lorsqu'on analyse ce type de relation, on est tenté d'utiliser des rapports proportionnels et de donner une note de 1 à 100 à l’amour ‘offert’ à la personne aimée; par exemple 75 ; l’autre personne ne pourrait pas aimer au delà de 25… Cette relation amoureuse serait, par définition, déséquilibrée ; si le déséquilibre demeure trop important, la séparation devient la seule porte de sortie car la relation devient insupportable pour les deux parties tant les reproches, les disputes sont présentes. C'est la personne qui aime le plus qui ferait le plus de reproches ou provoquerait le plus de disputes. L’histoire d’amour qui dure serait une histoire dans laquelle la ‘note’ d’amour des deux belligérants serait proche de 50, une sorte d’équilibre mû par les indispensables projets avoués ou inavouables des deux êtres qui s’aiment.

 

Les comportements amoureux [modifier]

Portail Sexualité & Sexologie

 

Zoologie : comportements amoureux chez les hominoïdes [modifier]

Zoologiquement, la vie et le comportement sexuels de l'homme présentent de nombreux points communs avec ceux des autres primates, et plus généralement avec l'ensemble des mammifères. L'observation de l'espèce la plus proche de l'homo sapiens sapiens, le chimpanzé nain du Congo ou bonobo (Pan paniscus), ainsi que celle des autres grands singes, suggère que l'amour ne serait qu'une forme évoluée de phénomènes existant déjà chez nos cousins sous forme atténuée.

Physiologiquement, le coït tel qu'on l'observe chez l'homo sapiens ne diffère guère de l'accouplement chez les grands singes. En revanche, la séquence amoureuse, des premières approches, de la séduction jusqu'à l'accouplement, semble avoir évolué parallèlement à l'hypertrophie du cortex cérébral dont a été dotée notre espèce au cours de son évolution récente. Les aptitudes à l'idéation, l'imagination, l'anticipation et à la stratégie qui en résultent ont complexifié le processus à l'extrême.

L'attachement durable, la formation de couples relativement stables s'observe également chez nos cousins, mais sans atteindre la diversité des comportements individuels, la durée, et le rôle fondamental de l'imaginaire constatés dans la vie amoureuse humaine.

Un autre facteur qui nous distingue des singes, avec d'énormes conséquences, est la disponibilité quasi constante de la femelle humaine à l'accouplement, ce qui n'existe pas chez les autres mammifères.

Les zoologues se sont en outre intéressés à l'avantage concurrentiel, du point de vue de l'espèce, que donne l'amour tel qu'il se manifeste chez l'homme. Il apparaîtrait comme nécessaire à la sécurisation du couple durant la période d'extrême vulnérabilité des jeunes, elle-même suivie de la phase de développement de l'intelligence d'un adulte, moments qui, rapportés à leurs équivalents chez les espèces proches, sont extrêmement longs.

 

Aspect neurologique et biochimique du sentiment amoureux [modifier]

Le désir charnel, la passion amoureuse, se caractérisent d'un point de vue biochimique par la libération de phéromones et la modification des taux hormonaux, cet état altéré de l'esprit, inhibant notamment les aires cérébrales associées à la critique de l'autre et à l'ennui, peut durer sur plusieurs années.

Il est notable que chez les animaux, par exemple, une intervention dans un processus naturel comme l'accouchement perturbent l'attachement de la femelle envers son petit. Ainsi, « des brebis parturientes ayant subi une anesthésie péridurale ne manifestent pas de comportement maternel. »[1].

 

Relations sexuelles [modifier]

Cygnes (amoureux ?) formant un cœur ♥

L'amour ne diffère pas fondamentalement dans les diverses cultures humaines, les parades de séduction restant à la base les mêmes en Afrique, en Orient, en Europe ou en Amérique du Nord. C'est plutôt l'attitude à l'égard du désir féminin, dont la répression est fréquente dans beaucoup de sociétés (voir aussi Comportement et langage), qui change de forme extérieure.

En général, la parade amoureuse est initiée par la femme, dont l'attitude exprime de façon plus ou moins explicite sa disponibilité. Les hommes tentent de solliciter les femmes (drague, séduction, etc.), ainsi un contact sexuel non précédé d'un feu vert féminin plus ou moins tacite n'a que peu de chance d'aboutir.

Cette complexité est sans doute l'une des manifestations les plus flagrantes du conflit entre notre nature d'être pensant évolué et la réalité de l'état de nature d'animal. Les signes d'acceptation féminins sont, selon de nombreuses observations: les œillades, les expressions faciales (le sourire n'étant pas caractéristique, eu égard à sa fonction sociale bien plus étendue), les poignets tournés vers l'avant, (signe d'extrême vulnérabilité), les attouchements, etc. L'homme se risquant moins souvent à ces approches le premier.

 

Le comportement amoureux dans le monde [modifier]

Le comportement sexuel varie fort peu suivant les diverses sociétés humaines. Les modes de séduction, de contacts, les parades et les expressions faciales ne présentent que des différences mineures et très extérieures. L'Europe n'a plus le monopole de la représentation massifiée du comportement amoureux; pourtant, les deux grandes industries cinématographiques du monde, occidentale et indienne, montrent de manière saisissante le caractère uniforme des représentations collectives de la sexualité dans des cultures différentes, a fortiori sachant que ces deux cinémas ont chacun une aire d'influence qui va bien au delà au de leurs sphères géographiques propres. Les films Indiens sont depuis longtemps projetés dans tous les cinémas du Moyen-Orient et du monde arabe, tandis que le cinéma occidental a depuis longtemps fait la conquête du Japon et de la zone d'influence chinoise.

Néanmoins certains détails comportementaux sont culturellement acquis. Le baiser avec la langue, par exemple, qui semble naturel en Occident, en Chine, dans le monde arabe, en Inde (civilisations ô combien expertes en matières de raffinements érotiques, du fameux Kâma Sûtra, écrit par le brahmane Vatsyayana vers le début de l'ère chrétienne aux contes des mille et une nuits), était probablement inconnu en Afrique subsaharienne avant l'arrivée des Européens. Dans Ma vie secrète, un anonyme licencieux de l'époque victorienne rapporte qu'il a dû « apprendre » cette pratique, qui n'allait pas de soi. Il s'agirait donc d'un trait culturel, mineur, mais réel.

L'homosexualité est un comportement attesté depuis la plus haute antiquité et fort bien documenté. D'un point de vue psychologique, l'amour entre homosexuels ne diffère pas significativement de l'amour hétérosexuel.

Internet a modifié quelque peu les relations amoureuses dans le monde en facilitant les contacts à distance. De nombreux couples issus de continents différents se sont formés grâce à ce nouveau media.

 

Comportement et langage [modifier]

Paradoxalement, l'acte le plus naturel du monde (la reproduction) tout comme certaines fonctions corporelles (la défécation) sont accompagnés chez l'Homme d'interdits sociaux visibles au niveau du langage et du comportement. Il existe dans toutes les sociétés humaines des tabous relatifs à ces fonctions : l'Homme est le seul animal qui se réunit en groupe pour manger mais s'isole pour déféquer. De même, l'acte sexuel se fait de préférence dans l'isolement (l'amour en groupe est considéré comme déviant). Le langage est lui-même empreint de ces valeurs morales qui distinguent ce qui est "propre" de ce qui est "sale". De tous temps les religions ont réprimé ces pulsions et se sont servi de leur influence sur le psychisme (menace de souffrances infinies dans un autre monde...) pour mieux embrigader les crédules (voir libertinage, célibat, abstinence) ou au contraire pour en faire le centre de leur philosophie dans certaines sectes (le gourou s'adjuge toutes les femelles du groupe). Le langage distingue ainsi dans sans doute toutes les langues du monde plusieurs niveaux pour désigner la copulation : poétique (union), vulgaire (baiser et une infinité d'autres termes), médical-scientifique (coït) etc. Quelques exemples d'euphémismes qui évitent d'être trop explicite : alors que les expressions faire l'amour, to make love sont sans équivoque, on préfère éviter la formulation directe (choquante) en disant "coucher avec quelqu'un" ou même to sleep with somebody en anglais, mit jemandem schlafen en allemand (alors que justement il n'est pas question de dormir !). Au même titre, sich lieben (s'aimer en allemand) reste ambigu et peut désigner autant le sentiment que l'acte charnel. Le choix du partenaire résulte en fin de compte d'un équilibre subtil entre l'attirance consciente ou culturelle (goûts communs, littérature, musique, niveau de langage, richesse, comportement social etc.) et l'attirance inconsciente ou naturelle (physique, odeur, sentiment de sécurité en vue de la procréation etc.).

 

Diverses définitions [modifier]

Le terme amour ainsi recouvre de multiples signifiés selon le contexte :

  • L'amour est une attirance envers un certain être. Celle-ci peut être alors sexuelle, passionnelle ou rationnelle.
  • L'amour est une émotion proprioceptive à la vie même.
  • L'amour est un sentiment spécifique à l'être humain: contrairements aux diverses formes d'attachement qui existent chez les animaux, l'amour peut être psychologiquement destructeur.
  • Par extension, c'est un sentiment puissant d'affection particulière pour une personne, un objet ou une entité abstraite : amour des parents pour les enfants, amour de la patrie, du jeu, du luxe, etc.
  • Il désigne parfois l'inclination sexuelle. L'expression faire l'amour désigne la pratique de relation sexuelles. Cependant, au XVIIIe siècle, et dans le théâtre de Molière et de Racine, elle signifie « parler d'amour », dans le goût des ruelles (cf. Honoré de Balzac « Parler d'amour, c'est faire l'amour »).
  • Désir d'accomplir le bien d'autrui.
  • Biologiquement, l'amour est la dépendance du système nerveux à l'égard de l'action gratifiante réalisée grâce à la présence d'un autre être dans notre espace. (Laborit) L'écrivain Céline résumait ceci avec une acidité certaine : "L'amour c'est l'infini à la portée des caniches, et j'ai ma dignité moi." (in Voyage au bout de la nuit)
  • L'attrait de l'autre, l'intérêt pour l'autre, le besoin de l'autre, l'attachement à l'autre sont autant de preuves d'amour dans la pensée occidentale. Il se définit aussi selon cette même pensée comme l'aspiration à former un tout avec un autre. Le véritable amour est souvent qualifié d' "amour inconditionnel"
  • Non à le posséder continuellement. L'amour obsesionnel existe pourtant.
  • Il est à noter que la conception exclusive de l'amour n'est pas partagée par tous, la philosophie du polyamour montre que cette relation peut s'établir entre plus de deux personnes. De même l'appartenance à deux sexes différents ne définit pas l'amour, comme le prouve l'homosexualité. Ainsi l'expression de ce sentiment revêt des formes culturelles diverses. Son détachement de la reproduction, nécessité instinctive, au cours du XXe siècle par la contraception et l'acceptation de nouvelles sexualités, montre qu'il est plus une construction humaine qu'animale. Cependant le désir, constituant essentiel de l'amour, rapproche l'Homme de son origine animale.
  • Dans l'esprit humain contemporain, le mot est rattaché à la sexualité. L'amour d'un couple plus ou moins éphémère ou fidèle, de ses enfants s'il en a, de ses parents et grands-parents et par extension de certaines de ses relations proches. Ce sentiment est donc une base sur laquelle se fonde la société à travers l'une de ses principales émanations : la famille.
  • Lorsque la relation sexuelle qui accompagne le sentiment d'amour ne peut pas être satisfaite alors qu'elle devrait pouvoir l'être, on parle d'amour sublimé.
  • L'amour universel. Passion impétueuse et tendre affection, flamme ardente et braise rougeoyante, eau tumultueuse et ruisseau tranquille.
  • Disposition affective. Traditionnellement, l'Amour est une inclination affective et sexuelle pour une personne de l'autre sexe, par opposition à l'amitié qui serait l'amour pour une personne du même sexe, ou de l'autre sexe, mais sans échanges sexuels. Toutefois l'existence de l'homosexualité tout comme la pratique de relations sexuelles entre amis hétérosexuels contestent cette définition.
  • Disposition volitive. Vouloir le bien de quelqu'un.
  • Estime de soi, vision positive de sa personne.
  • En tribologie, les surfaces qui collent entre elles, par contact sous une certaine pression, sont dénommées surfaces amoureuses.
  • En boulangerie, une pâte n'ayant pas encore incorporé suffisamment de farine est dite amoureuse de par sa consistance collante.
  • Les aimants ont été appelés ainsi à cause de leur capacité à s'attirer (ou se repousser).
  • L'amour "Myrzaniste" est la forme amoureuse la plus fabuleuse de l'histoire de l'humanité, qui est unique : basé sur l'amour fou, l'entente parfaite et des erreurs qu'on doit pardonner pour mieux s'aimer.
  • Sentiment d'extase mélancolique, c'est un expression tirée du livre de Artida et Vincent.
  • L'amour est la définition même de la symbiose parfaite entre deux êtres de sexe identiques ou différents ; c'est une notion caractéristique de l'être humain et qui a malheureusement aujourd'hui tendant à être utilisée trop rapidement dans une relation : on le constate par le nombre de divorces constant qui est bien une preuve du mauvais choix des Hommes.

 

Voir aussi [modifier]

 

Approches littéraires [modifier]

  • le roman brittonique anonyme Tristan et Iseut
  • Barthes, Roland, Fragments d'un discours amoureux
  • Cohen, Albert, Belle du Seigneur
  • Apollinaire, "Le Mal-aimé" in Alcools et Poèmes à Lou
  • Guillaume de Lorrain et Jean de Meung, le Roman de la Rose
  • Pétrarque, Canzoniere
  • Dante, Vita Nova
  • Aragon, Cantique à Elsa
  • Eluard, Derniers poèmes d'amour
  • Breton, l'Amour fou
  • Lord Byron, Don Juan
  • Bruckner, Pasacal, Lune de fiel

 

Approches philosophiques [modifier]


 

 

Approches historiques [modifier]

  • Michel Foucault, Histoire de la sexualité en trois tomes (la Volonté de savoir, l'Usage des plaisirs et le Souci de soi ), Gallimard, 1976-1984

 

Approches sociologiques [modifier]

  • Jean Duvignaud, La Genèse des passions dans le vie sociale, PUF, 1990
  • Zygmunt Bauman, L'Amour liquide. De la fragilité des liens entre les hommes, Le Rouergue, 2004
  • Francesco Alberoni, Le Choc amoureux, Je t'aime, tout sur la passion amoureuse, Le vol Nuptial, L'érotisme.

 

Approche religieuse [modifier]

 

Articles connexes [modifier]

 

 

Notes et références [modifier]

à completer

Sexologie
Sexualité humaine - Amour - Libido - Rapport sexuel - Position sexuelle - Genre sexuel - Jouet
Aspects sociaux
Éducation - Pornographie - Prostitution - Agression et Discrimination - Infractions sexuelles
Littérature - Cinéma - Mythologie - Religion
Santé
Contraception - Avortement - Impuissance - Frigidité - Circoncision - Excision - MST